B 2651 JESUS DE PRAGU

dans Bateaux de pêches/Etaples

Notations

Moyenne des notes
8.8/10

Ancien chalutier Etaplois B 2651 JESUS DE PRAGUE des frères Ernest et Jean Ramet.

B 2651 JESUS DE PRAGUE, Chalutier classique en bois « pêche latérale » de 15m35 de long sur 5m17 de large, creux 2m20, moteur Baudoin de 90cv d’origine puis 150cv puis 2x150cv par la suite, signe indicatif international TUXU puis TMHV, jauge brute de 34,02 tonneaux.
Le chalutier JESUS DE PRAGUE fut construit au chantier Caloin et Lepretre à Etaples sur mer début 1953 et lancé le 6 aout 1953 pour le patron armateur Ernest Ramet « Ti-café » résidant 68 rue de Camiers à Etaples et devait compléter le premier navire lancé en 1938 toujours en activité au lancement qui se nommait.B 1803 NOTRE DAME DE FOY. avec Jean Ramet « Ti-café » à la barre.

Le lancement fut malheureusement contrarié par le décès deux mois auparavant de l’épouse d’Ernest prénommée Marguerite agée de seulement 39 ans et victime d’une grave complication suite à une hémorragie qui l’emporta soudainement et tragiquement en juin 1953. Le chalutier une fois lancé et mis à l’eau fut remorqué et rapatrié au quai d’Etaples pour y terminer et finir ses derniers aménagements et finitions notamment la pose du moteur, les apparaux de pêche, les treuils, la mature , les gréements etc…
Le baptême suivra la fin des travaux du navire quelques semaines après et le JESUS DE PRAGUE fut définitivement admis au service actif le 15 septembre 1953. Le chalutier fit la traversée pour gagner son port d’attache de Boulogne sur mer pour être complètement armé et prêt à démarrer sa nouvelle exploitation . Le JESUS DE PRAGUE commence sa carrière en étant affilié dans une maison d’écorage Boulonnaise traditionnelle pour la débarque et la vente de ses pêches en criée de Boulogne sur mer.

Il pratiqua le chalut de fond traditionnel sur les côtes de la Manche et en mer du Nord comme la plupart des autres chalutiers Etaplois de l’époque. En 1955 le chalutier NOTRE DAME DE FOY avec Jean Ramet comme patron à la barre est finalement arrêté et désarmé avant d’être démantelé à s’coutil sur les rives de la Canche près du port d’Etaples. En effet il faut se rendre à l’évidence, le vieux chalutier âgé de 17 ans est dépassé face au nouveau chalutier plus puissant, plus grand et plus moderne. Ernest Ramet associe aussitôt son frère Jean Ramet avec lui à parts égales 50/50 sur le nouveau chalutier JESUS DE PRAGUE le 5 octobre 1955.

Après un voyage d’étude aux Sables d’Olonne pour aller découvrir une nouvelle méthode de pêche dite pêche au chalut-Boeufs à la sardine qui permettait via deux chalutiers navigants côte à côte (l’un nommé le boeuf et l’autre le veau) en étant écartés l’un de l’autre par un cable d’une centaine de mêtres de mettre en oeuvre et tirer une plus grand chalut permettant avec une puissance motrice supérieure des rendements impressionnants nettement supérieurs notamment sur le hareng arrivant chaque années d’octobre à novembre sur nos côtes de la Manche.
En effet jusqu’au début des années 50 c’était la technique des filets ou « roies » qui était appliquée par tous les chalutiers Etaplois traditionnels de l’époque. Une méthode de pêche nettement plus compliquée et harassante à mettre en oeuvre avec des rendements aléatoires et deux à trois fois moins importants.

La découverte de ce métier fut aussi facilitée avec l’aide importante il faut le dire des scientifiques de la pêche maritime Française notamment Claude Nédélec responsable scientifique de Boulogne sur mer qui n’hésitait pas à l’époque à embarquer pour effectuer une marée ou apporter ses précieux conseils technique sur les plans et la construction du nouveau chalut et sa mise en route quelque peux compliquée, laborieuse et peux efficace au démarrage.

Un autre voyage d’étude aux Pays Bas avec une délégation Etaploise et les scientifiques Boulonnais permit aussi de voir de près le matériel utilisé par les Hollandais qui maitrisés eux aussi cette technique avec brio et d’amélioré l’efficacité des chaluts utilisés et la technique de pêche.Les deux armements Etaplois qui furent les pionniers dans ce domaine et débutèrent cette nouvelle technique de pêche étaient le comptoir des mats « bleus » avec un homme audacieux à sa tête nommé Victor Ramet dit  » Le Manitou » avec ses chalutiers GLORIEUSE SAINTE THERESE et GLORIEUSE SAINTE RITA et Le comptoir des « mats rouges » d’Ernest et Jean Ramet « Ti-café » avec le JESUS DE PRAGUE en couple au départ avec le chalutier Etaplois QUE DIEU NOUS GARDE de Léon Baillet. Dés les modifications apportées, comprises, adaptées et bien mise en oeuvre, les chalutiers des deux comptoirs se mirent à débarquer des pêches de harengs extraordinaires pour l’époque, les deux comptoirs affolaient les compteurs, des coups de chalut fabuleux de 10,15 voir 20 tonnes par couple de navires étaient débarqués chaque jour sur les ports de Boulogne sur mer au lieu des quelques tonnes mises à terre par le reste de la flotille Etaploise restée elle à l’ancienne technique des filets « roies », attisant quelque peux l’envie voir la jalousie bien compréhensive parmi certains autres pêcheurs de la marine Etaploise non encore équipés de ces chaluts ou n’arrivant pas à ramener les mêmes rendements que leurs confrères ayant débutés bien avant eux dans cette technique.
A Etaples aussi les bruits courraient et les rumeurs circulaient très vite chaque jours dans les familles sur les tonnages records pour l’époque mis à terre quotidiennement par ces quelques navires Etaplois: « o pinsez pont, el’ Prague il ar démaraille es’ matin’lle à boeufs avec 15 tonnes d’hérings!!!, hier y n’avot 10 tonnes….!!!.

Les partages sont effectués en fin de semaine au domicile d’Ernest Ramet Ti-café rue de Camiers en présence de l’équipage des deux navires soit environ une bonne quinzaine d’hommes tout de même. L’équipage de l’époque était constitué d’Ernest Ramet, son frère Jean Ramet, Guy Ramet (fils d’Ernest), Edouard Matthias, Léon Thueux, Charles Gosselin « Beli » Victor Caloin, Laurent Ramet. Marcel Ramet (fils de Laurent), Pierre Descharles « Pierrot Daniel », Jules Leprêtre « Grand Jules ».

Les années 50 sont de belles années prospères et heureuses pour le chalutier JESUS DE PRAGUE et son équipage. Il y eu dans ces années là jusque 10 à 12 hommes embarqués à bord du navire, plusieurs hommes restés de « tour » (repos) à terre chaque semaine et ceux du bord devaient dormir au sol ou sur les bancs dans le poste équipage hélas trop petit nommé « rent’devans » en patois Etaplois. En 1958 Ernest Ramet fait construire une nouvelle maison plus grande et déménage de la rue de Camiers avec ses 4 enfants prénommés Marguerite-Marie, Bernard, Francis et Dominique (à noter une petite pensée pour un autre de ses fils prénommé Gérard né en mars 1939 qui est malheureusement décédé le 5 février 1949 à l’age de 9 ans) pour la rue du Bois Hanin. Son fils ainé Guy Ramet récemment marié avec Anne-Marie née Bigot (une des filles de Joseph Bigot l’un des fondateurs et premier directeur de la CME en 1958) réceptionne quand à lui son premier navire neuf nommé B 2795 CHARLES DE FOUCAULD avec lequel il démarre bien évidemment sa carrière en pratiquant le chalut-boeufs avec le JESUS DE PRAGUE de son père Ernest. Début 1960 une nouvelle génération arrive sur le chalutier JESUS DE PRAGUE.

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